Cancer du sein : « J’ai à peine 30 ans. »

Tu lis ça parce que tu viens de te demander quand tu as touché ta poitrine pour la dernière fois. Bien. Reste une minute sur cette pensée.

« Trop jeune » n’existe pas
Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes : environ une sur huit le rencontrera dans sa vie. Une part non négligeable des cas survient avant 50 ans, parfois à 30, parfois avant. Chez les jeunes, il est souvent découvert plus tard, pour une raison toute bête : personne n’y pense, ni elles, ni parfois leur entourage. Et les hommes ne sont pas épargnés (environ 1 cas sur 100).
Si tu as 15 ans : un petit nodule à cet âge est presque toujours bénin. Mais « presque toujours » ne se vérifie qu’en le montrant à quelqu’un.
Trois minutes, ce soir
Devant un miroir, bras le long du corps, puis bras levés. Regarde : la forme, la taille, la peau. Ensuite, du bout des doigts à plat, palpe chaque sein en cercles, de la clavicule jusque sous le sein et jusqu’à l’aisselle. Une fois par mois suffit, de préférence quelques jours après les règles.
Ce qui doit te faire consulter :
une boule ou un durcissement nouveau, qui ne bouge pas
une peau qui se creuse, rougit ou ressemble à une peau d’orange
un mamelon qui rentre, ou un écoulement (surtout du sang)
un sein qui change de taille ou de forme
une grosseur sous l’aisselle
Ce que beaucoup ignorent : la douleur est rarement le premier signe. Un sein qui ne fait pas mal n’est pas pour autant un sein qui va bien.
Bénin, oui. Mais pas toujours.
La bonne nouvelle d’abord : la grande majorité des boules dans le sein sont bénignes (kystes, fibroadénomes, tissu qui change avec le cycle). C’est pour ça que la plupart des examens se terminent par un « ce n’est rien ».
La moins bonne : « la plupart » ne veut pas dire « toutes ». Et ni toi, ni ta voisine, ni internet ne peut faire la différence au toucher. Seul un examen le peut (palpation, échographie, parfois une biopsie).
Fais le calcul : si c’est bénin, tu as perdu une heure et gagné la paix. Si ça ne l’est pas, ces semaines-là comptent.
Qui, quand, comment
Ton médecin ou ta sage-femme peut examiner tes seins lors d’une consultation de routine, dès la vingtaine ou la trentaine : demande-le, ça prend deux minutes. Les mammographies de dépistage sont en général proposées à partir de 40 à 50 ans selon les pays, plus tôt si le risque est élevé.
Parle-en tout de suite à un professionnel si une mère, une sœur ou une tante a eu un cancer du sein ou de l’ovaire, surtout avant 50 ans. Dans ces familles, la surveillance commence plus tôt et se fait autrement.
Et maintenant
Pas besoin de ruban rose. Il faut juste ceci : ce soir, tu te regardes, tu te palpes. Si quelque chose t’étonne, tu prends rendez-vous demain, pas « après les fêtes ». Et tu envoies ce texte à ta mère, à ta sœur, à ta meilleure amie. Quand on le détecte tôt, le cancer du sein se soigne très souvent. C’est exactement pour ça qu’il vaut mieux le chercher que l’éviter dans ses pensées.
Prenez soin de vous!
Cordialement,
Dr. Sandra Yene Amougui




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