Pertes vaginales : le guide que toutes les femmes devraient lire
- Dr. Sandra Yene Amougui

- il y a 18 minutes
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Parler des pertes vaginales reste encore un sujet délicat pour beaucoup de femmes. Pourtant, elles font partie intégrante du fonctionnement normal du corps. Mieux les comprendre, c’est se donner les moyens de reconnaître ce qui est rassurant… et ce qui mérite une attention particulière.
Au fil du cycle, le vagin produit naturellement des sécrétions. Ces pertes ne sont ni sales, ni anormales — bien au contraire. Elles participent à l’équilibre de la flore vaginale, protègent contre les infections et reflètent l’activité hormonale.

Un langage du corps à décoder
Les pertes vaginales varient d’une femme à l’autre, mais aussi d’un moment à l’autre du cycle. À l’approche de l’ovulation, elles deviennent souvent plus abondantes, transparentes et filantes, un peu comme du blanc d’œuf. Ce phénomène est totalement normal et même utile : il facilite la fertilité.
En dehors de cette période, elles peuvent être blanches et crémeuses, sans odeur particulière. Là encore, rien d’inquiétant — il s’agit simplement des sécrétions physiologiques.
Mais parfois, le corps envoie des signaux différents. Et c’est là que l’observation devient essentielle.
Savoir reconnaître les signaux d’alerte
Un changement d’aspect, d’odeur ou de sensation peut indiquer un déséquilibre. Des pertes épaisses et grumeleuses accompagnées de démangeaisons évoquent souvent une mycose. Une odeur forte de poisson avec des pertes grisâtres oriente plutôt vers une vaginose bactérienne.
Certaines infections, notamment sexuellement transmissibles, peuvent se manifester par des pertes jaunes, verdâtres ou purulentes, parfois associées à des douleurs ou des brûlures. Enfin, des pertes sanglantes en dehors des règles doivent toujours être explorées.
Tableau d’orientation pratique
Aspect des pertes | Odeur | Symptômes associés | Cause probable |
Transparentes, filantes | Aucune | Aucun | Ovulation (normal) |
Blanches, crémeuses | Légère ou absente | Aucun | Sécrétions physiologiques |
Blanches épaisses, grumeleuses | Absente | Démangeaisons, brûlures | Mycose |
Grises ou blanches fluides | Forte odeur de poisson | Parfois irritation | Vaginose bactérienne |
Jaunes ou vertes, mousseuses | Désagréable | Démangeaisons, brûlures | Trichomonase |
Jaunes épaisses ou purulentes | Variable | Douleurs, brûlures | Infection cervicale (IST possible) |
Brunes ou sanglantes hors règles | Variable | Selon le contexte | Consultation nécessaire |
Pourquoi il ne faut pas banaliser
Beaucoup de femmes hésitent à consulter, pensant que “ça va passer”. Parfois oui… mais pas toujours. Un traitement inadapté ou tardif peut prolonger les symptômes ou favoriser les récidives.
Chaque type de perte correspond à une cause différente. Une mycose ne se traite pas comme une infection bactérienne. C’est pourquoi l’automédication répétée peut être inefficace, voire contre-productive.
Les bons réflexes au quotidien
Prendre soin de son intimité ne signifie pas en faire trop. Au contraire, l’excès d’hygiène peut déséquilibrer la flore vaginale.
Quelques règles simples suffisent :
une toilette douce, sans produits agressifs
éviter les douches vaginales
privilégier le coton pour les sous-vêtements
consulter en cas de doute plutôt que multiplier les traitements
En conclusion
Les pertes vaginales sont un véritable indicateur de santé. Elles parlent — encore faut-il savoir les écouter. Apprendre à reconnaître ce qui est normal permet non seulement de se rassurer, mais aussi de réagir rapidement en cas de problème.
Et surtout : aucune question n’est “gênante” lorsqu’il s’agit de votre santé.
Prenez soin de vous.
Cordialement,
Dr. Sandra Yene Amougui




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