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Trompes bouchées à la HSG ou à l’HyFoSy : et si ce n’était pas une véritable obstruction ?

  • Photo du rédacteur: Dr. Sandra YENE AMOUGUI
    Dr. Sandra YENE AMOUGUI
  • 31 juil.
  • 3 min de lecture

Être informée que ses trompes sont « bouchées » est souvent source d’inquiétude. Pourtant, une HSG (hystérosalpingographie) ou une HyFoSy ne signifie pas toujours qu’il existe une obstruction réelle. Avant d’envisager une chirurgie ou une fécondation in vitro (FIV), il est essentiel d’interpréter le résultat dans son contexte.

Quelle est la fiabilité de la HSG et de l’HyFoSy ?

La HSG et l’HyFoSy sont les examens de référence pour évaluer la perméabilité des trompes de Fallope.


Leur fiabilité est excellente, mais aucun examen n’est parfait. En particulier, lorsqu’une obstruction est observée au niveau proximal (près de l’utérus), certaines études montrent que 20 à 40 % des résultats peuvent correspondre à un faux positif, généralement lié à un spasme temporaire de la trompe plutôt qu’à une véritable obstruction.


Pourquoi une trompe peut-elle sembler bouchée alors qu’elle ne l’est pas ?

Les causes les plus fréquentes sont :

* un spasme tubaire pendant l’examen ;

* un bouchon temporaire de mucus ou de débris ;

* une difficulté technique lors de l’injection du produit de contraste.


Quelles sont les véritables causes d’une obstruction des trompes ?

Les principales causes sont :

* les séquelles d’infections pelviennes (notamment à Chlamydia trachomatis) ;

* l’endométriose ;

* les adhérences après une chirurgie abdominale ou pelvienne ;

* un hydrosalpinx ;

* plus rarement, certaines malformations ou lésions tubaires.


Dans quels cas faut-il envisager un faux positif ?

Le résultat mérite d’être interprété avec prudence lorsque :

* vous êtes jeune ;

* l’échographie pelvienne est normale ;

* vous n’avez jamais eu d’infection pelvienne, d’endométriose ou de chirurgie pelvienne ;

* une seule trompe semble bouchée à son origine (obstruction proximale).


Dans ces situations, répéter la HSG ou l’HyFoSy peut être préférable avant de conclure à une obstruction définitive.


Les hydrotubations permettent-elles de déboucher les trompes ?

Non. Les études scientifiques n’ont pas démontré que les hydrotubations répétées amélioraient durablement la fertilité ou ouvraient les trompes de manière efficace. Elles ne sont donc pas recommandées en routine.


Quand une cœlioscopie est-elle nécessaire ?

La cœlioscopie est indiquée lorsqu’il existe une forte suspicion de véritable atteinte tubaire, par exemple

* un hydrosalpinx visible à l’échographie ;

* une endométriose ;

* des antécédents d’infection pelvienne sévère ;

* une chirurgie abdominale ou pelvienne ;

* des douleurs pelviennes ou une suspicion d’adhérences.


Il s’agit d’une intervention sous anesthésie générale qui comporte des risques (infection, saignement, lésions d’organes, nouvelles adhérences). Elle ne doit pas être réalisée uniquement pour confirmer une HSG douteuse.


Pourquoi éviter une chirurgie inutile chez une jeune femme ?

Même lorsqu’une trompe est rouverte, elle peut se reboucher ou ne pas retrouver une fonction normale. Toute chirurgie peut également entraîner la formation de nouvelles adhérences.


Chez une jeune femme présentant une bonne réserve ovarienne, il est donc souvent préférable de confirmer le diagnostic avant d’envisager une intervention.


Et chez une femme de plus de 35 ans ?

À partir de 35 ans, et surtout après 38 ans, le temps devient un facteur essentiel de la fertilité. Multiplier les examens ou réaliser une chirurgie dont les chances de succès sont limitées peut retarder une prise en charge plus efficace.


Selon la situation, notamment en cas de réserve ovarienne diminuée ou d’atteinte tubaire importante, une fécondation in vitro (FIV) peut offrir de meilleures chances de grossesse qu’une chirurgie tubaire.


À retenir

Un résultat de HSG ou d’HyFoSy montrant des trompes bouchées ne signifie pas automatiquement qu’une grossesse naturelle est impossible.


L’interprétation doit toujours tenir compte de l’âge, des antécédents, de l’échographie, de la réserve ovarienne et de l’ensemble du bilan de fertilité.


Avant d’envisager une chirurgie ou une FIV, il est parfois préférable de confirmer le diagnostic. Cela permet d’éviter une intervention inutile chez certaines femmes… ou, au contraire, de ne pas perdre un temps précieux lorsque chaque mois compte.


Prenez soin de vous!


Cordialement,


Dr. Sandra Yene Amougui

 
 
 

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