top of page

M’a-t-il trompée ? Ce que votre santé gynécologique dit sur sa fidélité

  • Photo du rédacteur: Dr. Sandra YENE AMOUGUI
    Dr. Sandra YENE AMOUGUI
  • 24 juil.
  • 3 min de lecture

L’apparition d’un écoulement inhabituel, d’une infection vaginale ou d’une infection sexuellement transmissible (IST) amène souvent une question douloureuse en consultation :

« Est-ce que cela signifie que mon partenaire m’a trompée ? »

La réponse est plus complexe qu’un simple oui ou non. En médecine, un diagnostic ne permet pas, à lui seul, de conclure à une infidélité. Comprendre le comportement de chaque infection permet d’éviter des accusations injustifiées… tout en sachant reconnaître les situations qui méritent une discussion de couple.


Toutes les infections ne sont pas des IST

Il est important de distinguer deux grandes catégories.

Les infections sexuellement transmissibles (IST)

Elles sont principalement transmises lors des rapports sexuels.

Parmi les plus fréquentes :

* Chlamydia

* Gonorrhée (gonocoque)

* Syphilis

* VIH

* Herpès génital

* Trichomonase

* HPV (papillomavirus humain)

* Hépatite B


Les infections qui ne sont pas considérées comme des IST

Certaines infections résultent d’un déséquilibre de la flore vaginale et peuvent apparaître sans qu’il y ait eu une transmission sexuelle.

Les plus fréquentes sont :

* Mycose vaginale (Candida)

* Vaginose bactérienne (Gardnerella et autres bactéries)


Une infection nouvellement diagnostiquée ne signifie pas forcément une infection récente

C’est probablement le point le plus important.

Plusieurs IST peuvent rester silencieuses pendant des mois, voire des années.

Par exemple :

* Chlamydia : souvent sans symptôme pendant longtemps.

* HPV : peut rester latent plusieurs années avant d’être détecté.

* Herpès : certaines personnes sont infectées depuis longtemps avant leur première poussée.


Ainsi, découvrir aujourd’hui une IST ne permet pas d’affirmer qu’elle a été contractée récemment.

Elle peut avoir été acquise avant la relation actuelle.


Le rapport sexuel lui-même peut modifier la flore vaginale

Beaucoup de femmes remarquent un écoulement différent quelques heures ou quelques jours après un rapport.

Cela ne signifie pas nécessairement une infection.

Le sperme est alcalin alors que le vagin est naturellement acide. Ce changement temporaire du pH peut favoriser un déséquilibre de la flore.

Résultat possible :

* écoulement plus abondant ;

* odeur différente ;

* irritation légère ;

* apparition d’une vaginose bactérienne ;

* ou parfois d’une mycose chez une femme prédisposée.

Il ne s’agit pas forcément d’une transmission par le partenaire.


Candida : est-ce qu’il me l’a transmis ?

Pas nécessairement.

Candida est naturellement présent chez de nombreuses personnes sans provoquer de maladie.

Une mycose apparaît surtout lorsque l’équilibre vaginal est perturbé :

* antibiotiques ;

* grossesse ;

* diabète ;

* baisse des défenses immunitaires ;

* humidité ;

* modifications hormonales.

Les rapports sexuels peuvent favoriser son apparition, mais la mycose n’est pas considérée comme une IST classique.


Gardnerella : est-ce la preuve d’une infidélité ?

Non.

La vaginose bactérienne est liée à un déséquilibre des bactéries vaginales.

L’activité sexuelle augmente le risque, notamment avec un nouveau partenaire ou des rapports fréquents, mais elle peut également apparaître chez une femme n’ayant pas eu de nouveau partenaire.

La présence de Gardnerella ne permet donc pas de conclure à une infidélité.


Et les vraies IST ?

Pour les infections comme la gonorrhée, la chlamydia ou la trichomonase, une transmission sexuelle est nécessaire.

Cependant, cela ne permet toujours pas de déterminer :

* quand l’infection a été acquise ;

* ni par quel partenaire.

Sans examens antérieurs négatifs, il est impossible d’affirmer qu’une infection est récente.


Quand faut-il consulter ?

Consultez rapidement en cas de :

* pertes malodorantes persistantes ;

* pertes jaunes, vertes ou mousseuses ;

* démangeaisons importantes ;

* douleurs pendant les rapports ;

* brûlures urinaires ;

* douleurs pelviennes ;

* saignements après les rapports.

Même en l’absence de symptômes, un dépistage est recommandé après un rapport non protégé avec un nouveau partenaire ou en cas de doute.


Quand la fidélité peut-elle réellement être remise en question ?

La médecine seule ne peut presque jamais répondre à cette question.

Certaines situations rendent toutefois une nouvelle transmission plus probable :

* une IST documentée alors que les deux partenaires avaient auparavant des tests négatifs ;

* une réinfection (« effet ping-pong ») malgré un traitement correctement suivi par les deux partenaires et l’absence de rapports avec d’autres personnes pendant la période recommandée ;

* la découverte d’une nouvelle IST chez un partenaire après une période de fidélité documentée.

Même dans ces situations, il est essentiel de discuter avec son médecin avant de tirer des conclusions.


À retenir

Une infection vaginale n’est pas une preuve d’infidélité.

Même une IST nouvellement diagnostiquée n’est pas forcément récente.

Chaque situation doit être interprétée en tenant compte de vos symptômes, de vos analyses, de vos antécédents et du contexte du couple.


La meilleure approche reste une consultation médicale, un diagnostic précis, un traitement adapté des partenaires lorsque cela est nécessaire et une communication honnête au sein du couple.


Prenez soin de vous.


Cordialement,


Dr. Sandra Yene Amougui

 
 
 

Commentaires


bottom of page